Historique

L’aïkido : un art de vivre

1. Ce que signifie AÏ KI DO

AÏKIDO: "VOIE DE L'HARMONISATION DES ENERGIES"

signification du mot aïkido

2. Les objectifs de l’aïkido

Au travers de sa pratique martiale, l’aïkido a pour objectif d’améliorer les relations entre les personnes en favorisant le développement harmonieux de chacun. Dans cette perspective, c’est à la valorisation mutuelle qu’il convient de s’employer et non à l’affirmation de soi au détriment de l’autre, et c’est la raison pour laquelle la compétition, qui glorifie le vainqueur, n’a pas sa place dans notre discipline.

3. Les principes de travail

L’objectif de l’Aïkido est extrêmement vaste et ambitieux. Il ne faut donc surtout pas tenter de le réduire à un ensemble de techniques ou de « trucs » pour apprendre à se défendre à court terme (même si cet aspect est également pris en compte). Il convient au contraire de bien le considérer comme un engagement sur une voie (« DO » en japonais) qui suppose une recherche permanente et un souci constant de perfectionnement tant sur le plan technique, physique que mental ou relationnel.

A ce titre, dans le cadre de la pratique, les rôles de Uke (celui qui attaque, qui subit la technique et la chute) et de Tori (qui est attaqué et applique la technique) sont d’égale importance et doivent être abordés avec le même sérieux car ils constituent les deux faces indissociables de la situation qui nous servent de cadre d’étude.

Dans cette même logique et conformément à l’objectif de la discipline, chacun doit s’efforcer de pratiquer avec le plus de partenaires possibles, représentants des types humains différents de par l’âge, le gabarit, le sexe ou le niveau technique. La tentation est souvent grande de ne travailler que par affinité, mais ce serait là, limiter considérablement la portée de l’expérience que vous pouvez vivre dans le Dojo.

4. Les armes traditionnelles de l’aïkido

Les armes font partie intégrante de l’entraînement en Aïkido. Morihei Ueshiba était un expert au maniement du sabre, de la baïonnette, de la lance et du Jo. Les armes étudiées en Aïkido sont le Bokken, le Jo et le Tanto.

  • Le Tanto

C’est la réplique d’un couteau. Les attaques peuvent être données en piquant ou en tranchant les points vitaux de l’adversaire. La pratique du Tanto permet également de se défendre et de parer toutes les attaques au couteau. Tout comme le Jo et le Bokken, les techniques au Tanto ou TANTO DORI sont étroitement liées aux techniques de l’Aïkido.

  • Le Bokken

C’est la réplique en bois d’un sabre japonais (katana). Les techniques sont enseignées sous forme de kata ; ce sont des enchaînements techniques pratiqués seul ou à deux. Ils permettent un enseignement codifié ce qui évite les risques de blessures. Les techniques peuvent être enseignées sabre contre sabre ou sabre contre mains nues. Les techniques au Ken comprennent les mêmes principes qu’en Aïkido. On parle de l’AIKI-KEN pour désigner les techniques de BOKKEN utilisées en Aïkido.

  • Le Jo

Bâton en bois d’une longueur de 128 cm. Il permet de porter des coups frappés de face ou de côté. Les techniques étudiées sont pratiquement identiques au Ken et sont enseignées sous forme de kata, seul ou à deux. Il permet également de projeter son partenaire lorsque celui-ci vient saisir le Jo. On parle de l’AIKI-JO pour désigner les techniques de JO utilisées en Aïkido.

Les origines de l’aïkido : Morihei Ueshiba

L’Aïkido a été fondé par Morihei Ueshiba. Né le 14 décembre 1883, il était de faible constitution, souvent malade et très nerveux. Dès son plus jeune âge, il fut fortement attiré par la religion.

Ses parents l’encouragèrent à poursuivre des activités physiques, tels que le Sumo et la natation afin d’équilibrer cette tendance. A vingt ans, il se rend à Tokyo et passe ses soirées à étudier les anciennes techniques de Jiu-Jitsu, en particulier celle de l’École Kito, sous la direction du Maître Tozawa. Parallèlement, il pratique le Ken-Jutsu (sabre) dans un dojo de Shinkage Ryu (Ecole Shinkage).

Après être tombé malade, il décide de se forger un corps neuf et solide.

Il s’astreint à un entraînement dur et progressif basé sur la condition physique et la force pure. Bien que de petite taille (1,54 m), il était beaucoup plus fort que la moyenne. Mais, la seule force physique ne le satisfaisant pas, il se rendit à Sakai, afin d’y étudier le sabre de l’Ecole Yagyu sous la conduite de Maître Nakaï.

En 1903, Maître Ueshiba s’engage dans l’armée. Très vite, il devint le premier en tous genres d’exercices et plus particulièrement en Juken-Jutsu (combat à la baïonnette).

 

En février 1915, au cours d’un voyage il rencontre le grand Maître de l’Ecole Daïto : Sokaku Takeda. Ce dernier décida de lui enseigner les techniques secrètes de Daitoryu. Dès son retour, il ouvre un dojo et invite le Maître Takeda. Il lui construit une maison et s’occupe totalement de lui.

 

 

 

En novembre 1919, il rencontre un grand Maître mystique doué de rares pouvoirs spirituels : Wanisaburo Deguchi. Pour lui, cette rencontre fut capitale car il avait conscience que s’il maîtrisait la force et la technique, son énergie spirituelle restait fragile et chancelante à la moindre épreuve psychologique.
Très peiné par la disparition de son père, survenue le 2 janvier 1920, Maître Ueshiba passa quelques mois à méditer puis il décida de s’installer à Ayabe, dans le temple de l’Omoto-Kyo, afin d’étudier sous la direction de Wanisaburo Deguchi. Ce dernier, pacifiste convaincu, quitte le Japon le 13 février 1924, avec quelques disciples dont Maître Morihei Ueshiba, avec l’intention de bâtir en Mongolie, où s’affrontaient les armées chinoises et japonaises, un Royaume de la Paix. Ils échouèrent dans leur tentative et furent prisonniers des armées chinoises pendant plusieurs mois.

 

De retour au Japon, Maître Ueshiba reprit avec encore plus d’intensité qu’auparavant ses recherches sur le Budo et sa vie d’ascétisme. C’est à cette époque qu’il comprit que le vrai Budo n’est pas de vaincre un adversaire par la force mais de garder la paix en ce monde, d’accepter et de favoriser l’épanouissement de tous les êtres. Si la recherche spirituelle est présente dans tous les arts martiaux japonais, jamais personne ne l’avait approfondie jusqu’à englober en son sein l’amour de l’humanité.C’est de toutes ces rencontres et expériences techniques ou philosophiques que naîtra l’Aïkido en 1925.

Dès 1926, le nom de Ueshiba commençait à être connu et d’éminents Budokas ainsi que d’importantes personnalités du monde politique ou militaire lui rendirent visite. Il s’installa en avril 1931 à Wakamatsu-cho, un quartier de Tokyo, dans un dojo nouvellement construit qui prit le nom de Kobukan.

Pendant les années de guerre, Maître Ueshiba se retira à Iwama, à 120 kilomètres de Tokyo, où se trouve actuellement le sanctuaire de l’Aïkido (Aïki Jinja). En 1946, les Américains ayant interdit la pratique de tous les arts martiaux au Japon, le dojo de Tokyo fut fermé jusqu’en 1948, date à laquelle il prit le nom d’Aïkikaï.

L’Aïkido fut le premier art martial qui reçut l’autorisation de reprendre la pratique en raison de sa tendance pacifiste. Dès lors, le nombre des élèves ne fit qu’augmenter, et c’est à cette époque que naquit vraiment la forme moderne de l’Aïkido.

Dans les années 50 et 60, Maître Ueshiba laissera de plus en plus le soin de l’enseignement à ses meilleurs disciples qui créèrent de nombreux dojos de par le Japon ou émigrèrent à l’étranger, ainsi qu’à son fils, Kisshomaru Ueshiba qui, en 1967, devient Directeur Général de la Fondation Aïkikaï. Lorsque le vénérable Maître s’éteignit le 26 avril 1969, l’Aïkido s’était répandu à travers le monde et était pratiqué par des centaines de milliers de personnes sur les cinq continents.